Exemple d’une situation amenée fréquemment en supervision

Mis à jour : mars 2

Cet exemple c’est celui du positionnement du thérapeute face à son client.


En effet certaines personnes se positionnent de par leur scénario, face au thérapeute soit en position de supériorité, soit en position d’infériorité par rapport aux psycho praticien ou psychothérapeute.


Le psycho-praticien qui a ramené cette situation en supervision me disait qu’il ne comprenait pas pourquoi devant ce patient il se sentait mal à l’aise. Et ça faisait un bout de temps que cela durait ; et cela faisait un bout de temps qu’il ne savait comment faire pour se sortir de cette situation. Il a donc décidé d’amener cette situation en supervision pour comprendre ce qu’il se passait.


De part mon questionnement il a pu mettre le doigt sur le fait que la situation était compliquée pour lui. En effet il avait à faire à une personne haut placée dans la hiérarchie sociale et celui-ci lui parlait d’une façon quelque peu condescendante. Il se ressentait comme un petit enfant face à un parent. Il se sentait infantilisé et ne savait pas exactement comment se positionner face à ce chef d’entreprise un peu trop sûr de lui et il commençait à avoir envie de le rabrouer. Ce qui n’aurait pas été une bonne chose dans le traitement. Le thérapeute avait juste conscience de son agacement face à cette personne mais pas de ce qui se tramait en dessous.


En fait sans le savoir il s’est rapidement trouvé inconsciemment à la place qu’il occupait toujours face au père qui était le sien et qui était quelque peu autoritaire. La ressemblance avec une situation connue a fait basculer le thérapeute dans un positionnement qu’il connaissait très bien au lieu de rester dans une position neutre et égalitaire par rapport à l’autre. C’est ce qu’on appelle un contre-transfert, c’est-à-dire un transfert initié par le psycho-praticien ou psychothérapeute face à un client qui lui rappelle des éléments de son histoire.


En être conscient et travailler sur la possibilité d’avoir une relation égalitaire a été ici la solution pour ce supervisé.


A la supervision suivante, il a pu m’expliquer comment maintenant il avait acquis un positionnement correct face à son client dans l’égalité et comment il avait fait réfléchir celui-ci à ce positionnement de supériorité par rapport aux autres que le client de mon supervisé adoptait si facilement. Il était très fier de lui et à juste titre car maintenant les choses avaient vraiment changé avec son client et la thérapie avançait !


Ceci nous faire redire la nécessité d’avoir un lieu de supervision afin de pouvoir analyser ici, ce qui se passe en soi et en faire un élément de la puissance du thérapeute et pouvoir ainsi aider son patient car c’est bien la finalité dernière poursuivie par la supervision. La deuxième chose c’est qu’effectivement se connaître et donc avoir fait un travail personnel et d’une grande nécessité. Dans ce cas-là, le thérapeute avait déjà travaillé cette situation en psychothérapie et il a pu en sortir très facilement grâce à la compréhension de ce qui se passait. Dans d’autres cas le thérapeute peut avoir besoin de ramener la situation en psychothérapie pour dénouer ce qui se passe en lui.

Voilà donc un exemple précis qui démontre la nécessité de la supervision. J’espère qu’il vous a convaincu.